Pont Alexandre III a Paris avec ses sculptures dorees, vue vers les Invalides au coucher du soleil
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Échanges France-Russie : de Catherine II aux Ballets Russes (guide)

Des Lumieres russes de Catherine II aux Ballets Russes de Diaghilev, de l'Alliance franco-russe de 1892 a l'Annee croisee 2010, les relations culturelles entre la France et la Russie forment un fil continu, parfois tendu, jamais rompu.

Les relations culturelles entre la France et la Russie sont un des grands axes de l’histoire europeenne. Longues de trois siècles, elles sont jalonnees de moments forts — les Lumieres, 1812, l’Alliance franco-russe, les Ballets Russes, l’emigration blanche, les Annees croisees — et de périodes de silence ou d’hostilite. Mais jamais le fil ne s’est rompu. La francophilie russe, la russophilie française, les échanges litteraires, musicaux, artistiques, les emigrations croisees ont tisse un lien qui deborde largement les alliances politiques du moment. Ce guide retrace deux siècles de ce dialogue, des Lumieres a l’Annee croisee de 2010.

I. Les Lumieres russes et le siècle français (1762-1789)

La Russie de Catherine II (1762-1796) est francophile jusqu’a l’os. L’imperatrice, allemande de naissance, eduquee dans la culture française, correspond avec Voltaire pendant plus de quinze ans — plus de cent soixante lettres conservees. Elle achete la bibliotheque de Diderot en 1765 (70 000 livres) tout en la laissant a son proprietaire jusqu’a sa mort, contre salaire. Diderot fera le voyage a Saint-Petersbourg en 1773-1774, a près de 60 ans, dans les carrosses imperiaux.

La cour russe parle français. La noblesse russe lit français avant de lire russe. Les enfants sont élèves par des gouvernantes françaises. Le français est la langue des salons, des bals, de la diplomatie, de la correspondance privee — le russe reste la langue des serviteurs et des affaires du domaine. Cette francophilie profonde explique pourquoi, en 1812, l’aristocratie russe parle encore français entre elle alors même que l’armee de Napoleon envahit le pays. Tolstoi le montre avec minutie dans Guerre et Paix.

Les artistes français sont recherches. Etienne Falconet est invite par Catherine II pour sculpter la grande statue equestre de Pierre le Grand — le “Cavalier de bronze” (1782) qui ornera Saint-Petersbourg et donnera son titre au poeme de Pouchkine. L’architecte Jean-Baptiste Vallin de la Mothe contribue aux palais de la cour. Les peintres Louis Le Prince, Jean-Louis Voille, Adelaide Labille-Guiard exportent leurs portraits. En sens inverse, peu de Russes viennent en France avant 1789 — les grands voyages educatifs se font plutot en Italie et en Allemagne. Mais Paris est le reve des aristocrates russes lettres.

II. 1812 et ses suites : les decembristes

La campagne de Russie (juin-decembre 1812) est un desastre militaire pour Napoleon — Grande Armee partie a 600 000 hommes, revenue a moins de 50 000. Mais elle crée aussi un contact prolonge entre soldats français et population russe. Les officiers de Napoleon qui hivernent a Moscou et dans les provinces repandent le français parle dans les villages. Les officiers russes, a leur tour, traversent l’Europe poursuivant les armees françaises et decouvrent l’Europe liberale.

En 1814, les troupes russes entrent a Paris avec les autres allies et occupent la ville pendant plusieurs mois. Le tsar Alexandre Ier est accueilli par la population parisienne avec curiosite et respect. Les cosaques installent leurs bivouacs au Champ de Mars et aux Champs-Elysees. L’influence reciproque est immediate : les cosaques decouvrent les théâtres de boulevard, les officiers russes frequentent les salons politiques, rencontrent Madame de Stael, Benjamin Constant, les liberaux de la Restauration.

Rentres en Russie, ces officiers forment un cercle reformiste qui denonce l’autocratie. En decembre 1825, profitant de la confusion de la succession après la mort d’Alexandre Ier, ils tentent un coup d’État constitutionnel place du Senat a Saint-Petersbourg. Le mouvement — connu comme les decembristes — echoue. Cinq meneurs sont pendus, plus d’une centaine sont envoyes au bagne en Siberie. Leurs femmes, dans un geste heroique qui marquera la culture russe, vont volontairement rejoindre leurs maris en Siberie. Pouchkine, qui connait plusieurs decembristes, dédié aux bagnards de Siberie une ode memorable (“Aux fonds des mines de Siberie…”).

après 1825, les relations politiques franco-russes se distendent. Nicolas Ier (1825-1855) est hostile aux revolutions europeennes. La France de Louis-Philippe (1830) puis de la IIe Republique (1848) represente tout ce qu’il combat. Les échanges culturels continuent plus discretement — Gogol et Tourgueniev vivent a Paris, Custine publié en 1843 son célèbre La Russie en 1839 qui decrit sans complaisance l’autocratie.

III. L’Alliance franco-russe (1892-1917)

après la guerre franco-prussienne de 1870 et l’alliance de l’Allemagne de Bismarck avec l’Italie, la France se retrouve isolee en Europe. La Russie, pour sa part, voit d’un mauvais oeil le rapprochement germano-autrichien (Triple Alliance, 1882). Les deux pays se rapprochent. après plusieurs annees de negociations secretes, un accord militaire est signe en 1891, complete en 1892 et 1894. L’Alliance franco-russe est nee.

L’alliance se manifeste par des gestes culturels spectaculaires. En 1896, le tsar Nicolas II, nouvellement couronne, fait une visite d’État a Paris — parade militaire, banquet, pose de la première pierre du pont Alexandre III le 7 octobre 1896 (le pont sera inaugure en 1900 pour l’Exposition universelle). En retour, le president Felix Faure visite la Russie en 1897. Le pont est une merveille Art Nouveau qui unit symboliquement les deux rives — et les deux pays.

L’Exposition universelle de 1900, a Paris, consacré la presence russe. Une grande Maison russe est construite sur le Champ de Mars, avec une architecture neo-russe. Les arts decoratifs russes — oeufs de Faberge, emaux de Roukavichnikov — sont exposes au pavillon des bijoux. La musique russe est a l’affiche des concerts. Les compositeurs français (Debussy, Ravel, Dukas) decouvrent Rimski-Korsakov, Balakirev, Moussorgski. Stravinski, enfant, viendra a Paris pour la première fois avec son pere Fedor Stravinski, grande basse du Mariinski.

Sur le plan economique, la France devient un grand investisseur en Russie. Les emprunts russes — des obligations du Tresor imperial souscrites par le public français — financent les chemins de fer (Transsiberien, Nord-Sud), les industries du Donbass, les villes russes. Des millions de petits porteurs français achetent ces emprunts. En 1917, la Revolution bolchevique declarera ces emprunts nuls. Les français perdront environ 30 milliards de francs-or. Ce traumatisme economique durera des décennies et marquera la mémoire collective française.

IV. Les Ballets Russes et les Saisons russes (1908-1929)

En 1906, Serge Diaghilev organise au Grand Palais une exposition de peinture russe. En 1907, il y ajoute des concerts symphoniques. En 1908, Boris Godounov de Moussorgski au Palais Garnier avec Chaliapine. En 1909, il affrete une troupe de ballet — la saison russe commence. Pendant vingt ans, Paris vit chaque printemps les creations des Ballets Russes, avec les plus grands musiciens, chorégraphes et plasticiens de l’Europe.

Les Ballets Russes font plus que divertir Paris : ils en font la capitale de l’avant-garde artistique. Debussy écrit L’après-midi d’un faune pour Nijinski. Ravel composé Daphnis et Chloe. Stravinski invente une nouvelle musique. Bakst dessine des costumes que Poiret transformera en haute couture parisienne. Cocteau collabore a Parade (1917) avec Satie et Picasso — manifestation decisive du modernisme. L’opéra Garnier et le théâtre du Chatelet deviennent les scenes de cette effervescence.

A cote des Ballets Russes, d’autres formés d’échanges nourrissent les annees 1910-1920. Les peintres russes — Kandinsky, Chagall, Goncharova, Larionov, Soutine — s’installent a Paris. Marc Chagall arrive a Paris en 1910, y revient après 1923 ; il peindra l’opéra Garnier en 1964 sur commande d’Andre Malraux. La Rotonde a Montparnasse, le cafe du Dome, les ateliers de la Ruche acceuillent cette “école de Paris” a forte composante russe.

V. L’emigration blanche et la diaspora russe de France (1917-1945)

La Revolution d’Octobre 1917 et la guerre civile qui suit (1918-1921) provoquent une emigration massive. Environ 2 millions de Russes quittent leur pays — anciens officiers, aristocrates, intellectuels, bourgeois. La France en accueille 400 000, reparties surtout entre Paris et la Cote d’Azur. C’est la première vague.

Paris devient, après 1920, la “capitale culturelle de la Russie en exil”. Les imprimeries russes publient en cyrillique — le quotidien Poslednie Novosti (Les dernières Nouvelles) fondé en 1920 par Miliukov est le grand journal de l’emigration, tire a 35 000 exemplaires. Le journal Vozrojdenie (La Renaissance) lui fait concurrence. Les revues litteraires Sovremennyie Zapiski (Les Annales contemporaines, 1920-1940) et Chisla (Les Chiffres) publient la prose et la poesie de l’emigration.

Les écrivains emigres produisent a Paris une litterature d’une qualité remarquable. Ivan Bounine y obtient le prix Nobel en 1933 (le premier Nobel russe) ; Vladimir Nabokov y passe sa jeunesse avant de partir aux États-Unis ; Aleksei Remizov, Boris Zaitsev, Mark Aldanov publient chez les éditeurs russes de Paris. Marina Tsvetaeva vit a Paris dans la precarite entre 1925 et 1939 avant de rentrer en URSS ou elle se suicidera en 1941.

Les musiciens emigres — Rachmaninov (qui voyage plus qu’il ne reside), Stravinski (installe a Paris entre 1920 et 1939), Medtner, Grechaninov, Tcherepnine — font de Paris l’un des centres musicaux russes mondiaux. Koussevitzky dirige les Concerts Koussevitzky au Chatelet. La société musicale Koussevitzky publié la musique russe moderne.

La Cote d’Azur — Nice, Cannes, Menton, Monte-Carlo — accueille une aristocratie russe en villegiature permanente. Les hivers russes sur la Riviera sont un phenomene social : églises orthodoxes de Nice et de Cannes, restaurants russes, casinos frequenté par l’élite emigree. Ivan Mozjoukhine, l’acteur russe emigre, tourne a Monte-Carlo pour la société des Films Albatros. Le cimetiere russe de Nice (Caucade) accueille aujourd’hui encore les tombes des grandes familles russes.

Une autre enclave russe est la banlieue parisienne : Sainte-Genevieve-des-Bois (Essonne) abrite le plus grand cimetiere russe de France, ouvert en 1927. Rudolf Noureev, Andrei Tarkovski, Ivan Bounine, Sergei Lifar, Alexis Remizov, Fedor Chaliapine (avant son rapatriement a Moscou), Andrei Tupolev y reposent. La maison russe voisine accueille les anciens aristocrates demunis. Cette geographie de la diaspora russe parisienne est detaillée lieu par lieu dans notre guide 2026 des centres culturels russes a Paris.

VI. La France et l’URSS (1945-1991)

après la Seconde Guerre mondiale, les relations franco-sovietiques sont froides mais ne se rompent jamais. De Gaulle, en 1944, signe a Moscou un traite d’alliance franco-sovietique. En 1966, il effectue une visite officielle en URSS et lance la formule célèbre : “Vive la Russie eternelle !” La cooperation scientifique, spatiale (programme Soyouz-CNES a partir de 1966), culturelle se maintient.

Cote intellectuel, la France est la terre d’accueil des dissidents sovietiques. Alexandre Soljenitsyne, Joseph Brodsky (un temps), Alexandre Siniavski, Vassily Axionov, Vladimir Maximov (fondateur de la revue Kontinent a Paris en 1974), Viktor Nekrasov publient leurs textes aux editions Fayard, Seuil, Gallimard. La Maison des écrivains de Paris accueille les écrivains russes en exil. Gallimard et Fayard deviennent les grands éditeurs de la litterature sovietique clandestine traduite.

L’emigration des juifs sovietiques dans les annees 1970-1980 renforce la diaspora. Mikhail Baryshnikov, defecte en 1974 a Toronto, danse régulièrement a Paris. Mstislav Rostropovitch, exile en 1974, donne des concerts a travers le monde — a Paris a la salle Pleyel, théâtre des Champs-Elysees — et devient ami personnel du president Francois Mitterrand.

VII. L’Annee croisee 2010 et l’heritage contemporain

La chute de l’URSS en 1991 ouvre un nouveau chapitre. La Russie post-sovietique renoue avec les échanges culturels. En 2010, sous l’impulsion des presidents Medvedev et Sarkozy, est organisee l’Annee croisee France-Russie — plus de 400 evenements bilateraux dans les deux pays : expositions, concerts, festivals de cinema, conferences universitaires, colloques scientifiques.

Cote France, les temps forts de l’Annee 2010 incluent : l’exposition Sainte Russie — L’art russe du Ve au XVIIIe siècle au musée du Louvre (mars-mai 2010, 70 000 visiteurs par semaine), l’exposition Saint-Petersbourg au Chateau de Versailles, la Semaine de la danse russe au théâtre des Champs-Elysees, le Festival de Cannes qui accueille un focus Russie, la Foire du livre de Paris dédiée a la litterature russe contemporaine.

Cote Russie, la France envoie l’exposition Picasso au musée Pouchkine (un million de visiteurs), la tournee de l’Orchestre de Paris, le théâtre de la Comedie-française aux théâtres Vakhtangov et Mossoviet. L’ambassade française inaugure un nouveau service culturel a Moscou.

après 2014 (annexion de la Crimee) et surtout 2022 (invasion de l’Ukraine), les relations culturelles officielles se sont degradees. Les subventions publiques croisees ont ete gelees. Mais les individus, les artistes, les éditeurs continuent a travailler. La litterature russe continue d’etre traduite. Le cinema russe d’auteur est diffusé en France. Les musées continuent — avec plus de prudence diplomatique — a dialoguer. Le pont Alexandre III est toujours là, intact, et symbolise une histoire qu’aucune conjoncture ne peut effacer. Pour un regard contemporain sur ces échanges en 2026, notre entretien avec une directrice artistique franco-russe retrace comment la culture russe continue à vivre en France malgré le contexte politique. Pour qui veut prolonger ce dialogue dans le réel, un voyage culturel en Russie — Saint-Pétersbourg, Moscou, Peterhof — reste l’expérience la plus directe.

Pour approfondir

En bibliographie francophone : Les Russes de France de Gaelle Fisher et Alain Dubosclard (ENS Editions), Russes et français : histoire d’une relation de Jean-Pierre Arrignon (Perrin), La Diaspora russe en France de Nina Berberova (mémoires d’une emigrée, Actes Sud). Pour les Ballets Russes : Les Ballets Russes de Diaghilev de Lynn Garafola. Pour l’Alliance : L’Alliance franco-russe de Georges Cadiou. Les archives de la Bibliotheque Tourgueniev (Paris) conservent la mémoire documentaire de l’emigration russe parisienne.

Questions frequentes

Pourquoi Catherine II correspondait-elle avec Voltaire et Diderot ?
Catherine II (imperatrice de 1762 a 1796), d'origine allemande et eduquée dans la culture française, voulait faire de la Russie un État eclaire a l'europeenne. Correspondre avec les philosophes français etait pour elle a la fois un plaisir intellectuel et un outil de prestige diplomatique. Voltaire a échange avec elle plus de 160 lettres. Diderot a fait le voyage a Saint-Petersbourg en 1773-1774 ; la rencontre fut courtoise mais sans lendemain politique. D'Alembert a ete invite mais a refuse. Ces échanges ont fait de Catherine II la grande figure du despotisme eclaire a l'europeenne, et ont nourri l'attrait russe pour la culture française.
Pourquoi les soldats russes de 1814 ont-ils marqué Paris ?
après la campagne de Russie (1812) ou Napoleon perd son armee, les troupes russes poursuivent les armees françaises jusqu'a Paris qu'elles occupent avec les autres allies en mars 1814. Le tsar Alexandre Ier est accueilli avec plus de curiosite que de hostilite. Les cosaques installes au Champ de Mars frappent les imaginations — leur costume, leur langue, leurs chevaux. Ils auraient contribue au vocabulaire parisien (le bistrot vient, selon une legende, du russe bystro — vite — crie dans les tavernes ; etymologie contestee mais jolie). Surtout, les officiers russes decouvrent Paris, ses livres, ses salons, ses théâtres ; la génération des decembristes — qui tentera un coup d'État liberal en 1825 — puise la ses idees de liberté.
Qu'est-ce que l'Alliance franco-russe (1892-1917) ?
Traite militaire et diplomatique sign en 1891-1894 entre la France de la IIIe Republique et la Russie tsariste, sous Alexandre III puis Nicolas II. L'alliance est geopolitique (contrebalancer l'Allemagne de Bismarck après la guerre de 1870) mais culturelle aussi. Elle voit la construction du pont Alexandre III a Paris, inaugure en 1900 pour l'Exposition universelle ; le voyage du tsar a Paris en 1896 ; la presence russe a l'Exposition universelle de 1900 avec la grande Maison russe. L'Alliance durera jusqu'a la Revolution de 1917 et la Paix de Brest-Litovsk (1918) qui mettra fin a la cooperation militaire.
Qu'est-ce que l'emigration blanche ?
L'emigration blanche designe les Russes qui fuient leur pays après la Revolution d'Octobre 1917 et pendant la guerre civile russe (1918-1921). Environ 2 millions de Russes — anciens aristocrates, officiers tsaristes, intellectuels, membres des classes moyennes — quittent la Russie. La France en accueille environ 400 000 : a Paris (quartiers de l'Etoile, Boulogne, Passy), en Cote d'Azur (Nice, Cannes), a Lyon, Grenoble. Cette colonie russe ouvre des églises orthodoxes, des journaux en russe (Poslednie Novosti), des écoles, des théâtres, des cabarets. Beaucoup rentreront en URSS après 1945 — souvent dans l'illusion et parfois dans la tragedie.
Qu'etait l'Annee croisee France-Russie 2010 ?
L'Annee croisee France-Russie 2010 (denommee aussi Annee Francia en Russie et Annee Russie en France) est un programme culturel bilateral organise par les deux États en 2010 a l'initiative du president Medvedev et du president Sarkozy. Elle a comporte plus de 400 evenements — expositions (Sainte Russie au Louvre, Saint-Petersbourg a Versailles), concerts, festivals de cinema, conferences, publications. La France a envoye en Russie des expositions sur Louis XIV, sur Picasso du musée national ; la Russie a présenté a Paris des collections du musée russe, de l'Ermitage, des icones de Roublev. Ce fut un moment d'intense dialogue culturel avant le durcissement politique des annees suivantes.