Salle de concert avec piano a queue noir et partitions ouvertes, lumiere tamisee dorée
RECIT · Musique classique

15 compositeurs russes essentiels : de Glinka a Chostakovitch (guide 2026)

15 compositeurs russes incontournables, de Glinka (1804) a Chostakovitch (1975) : oeuvres cles, contexte historique, parcours d'ecoute commente pour francophones.

En moins de cent quarante ans, la Russie est passee d'une nation sans tradition de musique savante a l'une des grandes ecoles mondiales. Ce guide presente quinze compositeurs essentiels — du fondateur Mikhail Glinka aux geants sovietiques — avec leurs oeuvres majeures, leurs traversees parisiennes, et un parcours d'ecoute commente pour entrer dans le repertoire.

La musique classique russe est une aventure courte mais d’une densite rare. Avant 1830, la Russie n’a quasiment pas de tradition de composition savante. Cent quarante ans plus tard, elle a produit des chefs-d’oeuvre du repertoire symphonique mondial, fonde deux conservatoires parmi les plus exigeants d’Europe, et donne au modernisme musical certains de ses jalons absolus. Ce guide presente quinze compositeurs essentiels — fondateurs, romantiques, modernistes, sovietiques — avec pour chacun leurs oeuvres centrales, leur dialogue avec la France, et une porte d’entree concrete pour qui voudrait commencer a les ecouter.

I. Les fondateurs (1830-1880)

1. Mikhail Glinka (1804-1857)

Glinka est le pere de la musique russe savante. Noble, polyglotte, forme par voyages en Italie et en Allemagne, il rentre a Saint-Petersbourg en 1834 avec une intuition : ecrire une musique qui soit specifiquement russe, ni copiee de l’Europe ni reduite au folklore. Ses deux operas — Une vie pour le tsar (1836) et Rouslan et Ludmila (1842) — posent les bases. Rouslan, adapte d’un poeme d’Alexandre Pouchkine, ouvre la voie a tout un siecle d’opera russe : sujets nationaux, harmonies orientalisantes, alternance recits-airs heritee des Italiens mais teintee d’une couleur slave. Pour ecouter Glinka : ouverture de Rouslan, Kamarinskaia (1848), Souvenir d’une nuit d’ete a Madrid (1851).

2. Alexandre Dargomyjski (1813-1869)

Disciple de Glinka, Dargomyjski cherche a faire epouser a la ligne vocale les inflexions exactes de la parole russe. Son opera Roussalka (1856) et surtout Le Convive de pierre (créé posthume en 1872) annoncent Moussorgski. Il est moins joue aujourd’hui mais essentiel pour comprendre la genealogie du recitatif russe — cet art de “chanter parle” qui culminera dans Boris Godounov et qui est l’une des contributions specifiquement russes a l’histoire de l’opera.

3. Mili Balakirev (1837-1910)

Balakirev est le chef d’orchestre invisible de ce qu’on a appele “le Groupe des Cinq” : Borodine, Cui, Moussorgski, Rimski-Korsakov et lui-meme. Ce cercle, forme dans les annees 1860 a Saint-Petersbourg, refuse l’academisme du Conservatoire (qui vient d’ouvrir) et veut une musique russe nourrie de chants traditionnels et d’orientalisme. Balakirev compose peu mais ses pieces pour piano (Islamey, 1869) sont des reussites. Son role principal a ete de pousser ses cadets a ecrire — ce qu’ils feront magnifiquement.

4. Modeste Moussorgski (1839-1881)

Le plus radical des Cinq. Officier autodidacte, alcoolique notoire, mort a 42 ans, Moussorgski produit en quinze ans deux operas majeurs (Boris Godounov, 1869-1872 ; Khovantchina, inacheve), un cycle pour piano de premier plan (Tableaux d’une exposition, 1874), des melodies bouleversantes (Chants et danses de la mort, 1875-1877). Sa langue harmonique brutale — accords parralleles, dissonances non resolues, modalite — annonce Debussy et Ravel. Boris Godounov est l’opera russe par excellence, et c’est lui que Diaghilev impose a Paris en 1908 pour declencher la decouverte de la musique russe par la France. Pour explorer plus loin l’epopee parisienne de cette decouverte, voir notre dossier sur les Ballets Russes de Diaghilev a Paris.

5. Alexandre Borodine (1833-1887)

Chimiste de profession (auteur de la decouverte des aldolisations en synthese organique), Borodine compose le dimanche. Son catalogue est mince mais essentiel : trois symphonies, l’opera Le Prince Igor (inacheve, complete par Rimski-Korsakov après sa mort), des quatuors a cordes, des melodies. Les Danses polovtsiennes du Prince Igor sont l’un des morceaux russes les plus joues au monde. Sa Symphonie n°2 en si mineur (1869-1876) est un sommet du romantisme russe — heroique, melodique, orchestree avec un sens des couleurs orientales.

II. Tchaikovski et le Conservatoire (1860-1900)

6. Piotr Tchaikovski (1840-1893)

Le premier compositeur russe a s’imposer dans le repertoire international. Forme au Conservatoire de Saint-Petersbourg (premiere promotion, 1865), enseignant au Conservatoire de Moscou, depressif chronique, marie un an a une femme qu’il quitte aussitot, soutenu pendant treize ans par la mecene Nadejda von Meck qu’il ne rencontrera jamais. Son catalogue est immense : six symphonies (la Pathetique est son testament, créée neuf jours avant sa mort), trois concertos pour piano (le premier est l’un des plus joues du monde), un concerto pour violon, trois ballets — Le Lac des cygnes, La Belle au bois dormant, Casse-Noisette — qui restent les piliers du repertoire choregraphique mondial. Pour entrer dans Tchaikovski, commencer par sa 6e Symphonie Pathetique, puis le Concerto pour piano n°1, puis Casse-Noisette. Son rapport intime avec la France est documente dans notre portrait detaille de Tchaikovski entre Russie et Europe.

7. Nikolai Rimski-Korsakov (1844-1908)

Officier de marine, autodidacte devenu professeur au Conservatoire de Saint-Petersbourg, Rimski-Korsakov est le grand orchestrateur du XIXe russe. Quinze operas (dont Sadko, 1898, Le Coq d’or, 1907), trois symphonies, des suites pour orchestre dont Sheherazade (1888) — l’une des partitions les plus célèbres du repertoire pour la richesse de son orchestration colorée. Il forme Stravinski, Prokofiev, Glazounov, Liadov. Son Traite d’orchestration (1913) reste une reference pedagogique. Sans Rimski, ni Stravinski ni Prokofiev n’auraient ete possibles.

III. La generation 1870-1890

8. Sergei Rachmaninov (1873-1943)

Heritier direct de Tchaikovski et probablement le pianiste le plus complet du XXe siecle. Diplome du Conservatoire de Moscou en 1892 avec la plus haute distinction, eleve de Zverev (piano) et de Tanieev et Arenski (composition), il compose son Prelude en ut diese mineur op. 3 n°2 la meme annee. La depression après l’echec de sa Symphonie n°1 (1897) le bloque trois ans ; il est sauve par une therapie suggestive du Dr Nikolai Dahl, a qui il dedie son Concerto pour piano n°2 (1900-1901), l’un des sommets du romantisme russe. Après la Revolution de 1917, il quitte definitivement la Russie et s’installe aux Etats-Unis. Quatre concertos pour piano, trois symphonies, la Rhapsodie sur un theme de Paganini (1934), le poeme Les Cloches (1913), des melodies bouleversantes : un catalogue dense ou la nostalgie russe se sublime dans une ecriture d’une virtuosite toujours au service de l’expression.

9. Alexandre Scriabine (1872-1915)

Camarade de Rachmaninov a Moscou (meme professeur, meme classe), Scriabine prend l’autre voie : mysticisme, harmonies de plus en plus dissonantes, theosophie, projet d’oeuvre d’art totale. Ses dix sonates pour piano, ses Poemes (notamment l’op. 32, Vers la flamme, Le Poeme de l’extase op. 54 pour orchestre, 1908), son Promethee : Poeme du feu op. 60 (1910) avec partie de “clavier de couleurs”, marquent une route a part dans la musique russe. Scriabine meurt jeune (43 ans) d’un septicemie accidentelle. Son influence sur le jeune Stravinski, sur Prokofiev, sur les compositeurs sovietiques d’après-guerre est considerable.

10. Igor Stravinski (1882-1971)

Fils d’un chanteur du Mariinski, eleve de Rimski-Korsakov, decouvert par Diaghilev en 1909, Stravinski explose a Paris avec L’Oiseau de feu (1910), Petrouchka (1911) et le scandale du Sacre du printemps (29 mai 1913 au Theatre des Champs-Elysees). Après 1917, il vit en France puis aux Etats-Unis et reinvente plusieurs fois son langage : neoclassicisme (Pulcinella, 1920 ; Symphonie des psaumes, 1930 ; Oedipus rex, 1927) puis dodecaphonisme dans les annees 1950. Plus de quatre-vingt-dix oeuvres dans tous les genres, une longevite creatrice exceptionnelle, et une influence sur la musique du XXe siecle aussi forte que celle de Schoenberg ou de Bartok.

Pupitre de chef d'orchestre avec partition ouverte sous lampe de cuivre dans un theatre russe

IV. Les sovietiques (1920-1975)

11. Sergei Prokofiev (1891-1953)

Eleve precoce du Conservatoire de Saint-Petersbourg (entre a 13 ans), pianiste virtuose, Prokofiev compose des oeuvres provocatrices avant la Revolution (Toccata op. 11, 1912 ; Sarcasmes op. 17, 1914 ; Suite scythe op. 20, 1915). Après 1918, il vit aux Etats-Unis, puis en France (Paris, 1923-1936), avant de rentrer definitivement en URSS en 1936 — choix qui lui couterá après 1948 quand la commission Jdanov le condamne pour “formalisme”. Son catalogue : sept symphonies (la 5e, 1944, est sa plus jouee), cinq concertos pour piano, deux pour violon, neuf sonates pour piano, l’opera L’Amour des trois oranges (1921) et Guerre et paix (1942-1952), les ballets Romeo et Juliette (1936) et Cendrillon (1944), le conte musical Pierre et le loup (1936). Une ecriture rythmique mordante, un melodisme acide-sucre, une orchestration brillante — Prokofiev est l’un des plus grands.

12. Dmitri Chostakovitch (1906-1975)

Le plus important compositeur sovietique. Quinze symphonies, quinze quatuors a cordes, deux operas (Le Nez, 1928 ; Lady Macbeth de Mtsensk, 1934 — qui lui vaut en 1936 la denonciation de la Pravda “Le chaos remplace la musique”), des concertos pour piano, violon, violoncelle, beaucoup de musique de chambre, des musiques de film. Sa vie creatrice est une lutte constante avec le pouvoir sovietique : dénonciations en 1936 et 1948, périodes de silence imposé, reabilitations, distinctions. Sa 5e Symphonie (1937), composee après la denonciation, est ecoutée comme une “reponse mesuree d’un artiste sovietique aux justes critiques”. Sa 7e Leningrad (1941), composee pendant le siege, devient un symbole mondial. Sa 13e Babi Yar (1962, sur des poemes d’Evtouchenko evoquant le massacre de Juifs ukrainiens) est censuree puis reabilitée. Sa derniere oeuvre, la Sonate pour alto et piano op. 147 (1975), est son testament — depouillée, hantée par Beethoven.

13. Aram Khatchatourian (1903-1978)

Compositeur armenien forme a Moscou, Khatchatourian est l’un des piliers de l’ecole sovietique. Ballets (Spartacus, 1954), trois symphonies, des concertos. Sa Danse du sabre du ballet Gayaneh (1942) est l’une des pieces classiques les plus reconnues du grand public mondial.

14. Galina Oustvolskaia (1919-2006)

Eleve de Chostakovitch a Leningrad, Oustvolskaia trace un chemin radical et solitaire — six symphonies, une dizaine de pieces pour piano, des sonates pour violon. Son ecriture est ascétique, percussive, mystique. Elle a peu compose mais chacune de ses oeuvres est un événement. Decouverte tardivement en Occident, elle est aujourd’hui l’une des compositrices les plus respectées du XXe siecle russe.

15. Alfred Schnittke (1934-1998)

Compositeur d’origine juive germano-russe, Schnittke developpe dans les annees 1970-1990 une “polystylistique” qui melange citations et collages : barocque, romantique, folklorique, atonal, jazz. Neuf symphonies, des concertos pour violon (six), pour piano (quatre), pour alto. Son Concerto grosso n°1 (1976-1977) est l’une des oeuvres russes contemporaines les plus jouees au monde.

Quatuor a cordes en pleine repetition dans une salle eclairee par une grande fenetre

Parcours d’ecoute en 4 etapes

Pour qui veut decouvrir la musique russe sans la connaitre, ce parcours en quatre etapes est une porte d’entree solide. Chaque etape combine une oeuvre majeure et un enregistrement de reference.

Etape 1 — Le grand romantisme (Tchaikovski, Rachmaninov). Commencer par la 6e Symphonie Pathetique de Tchaikovski (Mravinski / Philharmonique de Leningrad, 1960, pour la version “russe canonique” ; Karajan / Berlin pour la version “occidentale lumineuse”). Enchainer avec le Concerto pour piano n°2 de Rachmaninov (Richter / Wislocki / Varsovie 1959, ou le compositeur lui-meme accompagne par Stokowski / Philadelphie 1929). Un mois minimum pour bien s’imprégner.

Etape 2 — Le Groupe des Cinq (Moussorgski, Borodine, Rimski). Boris Godounov de Moussorgski en version originale (Gergiev / Mariinski 1997, ou la version Khaikine / Bolchoi 1962 avec Ivan Petrov dans le role-titre — gravure historique). Tableaux d’une exposition de Moussorgski (orchestration Ravel, par Reiner / Chicago 1957 ou Karajan / Berlin 1965). Sheherazade de Rimski-Korsakov (Reiner / Chicago, 1960). Les Danses polovtsiennes du Prince Igor de Borodine (Solti / Londres). C’est l’etape qui révèle la couleur orientalisante russe.

Etape 3 — Le choc Stravinski (1910-1913). Trois ballets dans l’ordre chronologique : L’Oiseau de feu (Boulez / NewYork ou Stravinski / Columbia Symphony 1961), Petrouchka (Stravinski / Columbia Symphony 1960), Le Sacre du printemps (Boulez / Cleveland 1969 pour la rigueur, ou Stravinski / Columbia 1960 pour le temoignage du compositeur). Après ces trois oeuvres, on ne percoit plus le XXe siecle musical de la meme maniere.

Etape 4 — Le siecle sovietique (Chostakovitch, Prokofiev). Symphonie n°5 de Chostakovitch (Bernstein / NewYork 1959) ou n°10 (Karajan / Berlin 1981). Quatuors a cordes 8, 14, 15 par le Quatuor Borodine (gravure historique). Symphonie n°1 Classique de Prokofiev. Romeo et Juliette extraits (Maazel / Cleveland). Pour finir : la Sonate pour alto et piano de Chostakovitch (1975, son testament).

Le dialogue avec Paris

Tous ces compositeurs ont partage avec la France un dialogue ininterrompu. Glinka a passe 1844-1845 a Paris ou Berlioz dirige des extraits de ses operas. Tchaikovski vient regulierement aux concerts Colonne et Lamoureux. Rachmaninov joue son 2e Concerto a la Société des concerts du Conservatoire en 1907. Rimski-Korsakov dirige les saisons russes de Diaghilev en 1907. Stravinski et Prokofiev vivent a Paris dans les annees 1920-1930 — Stravinski jusqu’en 1939, Prokofiev jusqu’en 1936. Après-guerre, le repertoire russe est joue chaque saison par les grandes phalanges parisiennes — Orchestre national, Philharmonique de Radio France, Orchestre de Paris. Les peintres-decorateurs russes des saisons d’opera et de ballet — Bakst, Benois, Korovine, Roerich — ont fait de Paris la capitale visuelle du repertoire russe ; pour explorer ce versant, voir les ressources d’art-russe.com sur les decorateurs russes qui prolongent ce panorama musical.

Comment poursuivre l’exploration

Après ce parcours, plusieurs prolongements naturels :

Questions frequentes

Quel compositeur russe ecouter en premier ?

Tchaikovski, sans hesitation. Sa 6e Symphonie Pathetique et son Concerto pour piano n°1 sont les portes d’entree les plus accessibles : un melodisme immediat, une orchestration richement nappee, une langue harmonique entre romantisme allemand et couleur slave. Après deux ou trois mois, on peut passer a Rachmaninov (Concerto pour piano n°2) puis a Stravinski (L’Oiseau de feu).

Pourquoi parle-t-on du Groupe des Cinq ?

Le terme “groupe des Cinq” (en russe Mogoutchaia koutchka, “la puissante poignée”) désigne un cercle de compositeurs réunis a Saint-Petersbourg entre 1856 et 1870 autour de Mili Balakirev : Cesar Cui, Alexandre Borodine, Modeste Moussorgski et Nikolai Rimski-Korsakov. Ils défendent une musique russe nourrie de chants traditionnels et d’orientalisme, en opposition au classicisme du Conservatoire d’Anton Rubinstein. Leur influence durera jusqu’au debut du XXe siecle.

Quels sont les compositeurs russes contemporains a connaitre ?

Après Schnittke et Oustvolskaia, plusieurs noms vivants meritent l’ecoute : Sofia Goubaidoulina (1931), proche de Schnittke, ecriture spirituelle ; Edison Denisov (1929-1996), serialiste russe ; Valentin Silvestrov (1937, ukrainien mais formé a Moscou) ; Leonid Desyatnikov (1955), très joue au Bolchoi. Les jeunes generations comportent Boris Filanovsky, Alexander Vustin, Anton Batagov et la decouverte recente de la generation post-1990 reste a faire en France.

Pourquoi Rachmaninov a-t-il quitte la Russie ?

Sergei Rachmaninov fuit la Russie après la Revolution de 1917. Sa famille, grande propriete terrienne de Novgorod, est ruinee ; le regime bolchevique confisque les biens des aristocrates. Il part d’abord en Finlande en decembre 1917, puis en Suede et au Danemark, et s’installe aux Etats-Unis en 1918. Il y passe le reste de sa vie comme l’un des pianistes les plus célèbres du monde et meurt a Beverly Hills en 1943, sans etre jamais retourne en Russie.

Quelle difference entre opera russe et opera italien du XIXe siecle ?

Trois differences essentielles. (1) Le sujet : l’opera russe traite massivement de sujets historiques nationaux (Boris Godounov, Le Prince Igor, Khovantchina) ou de la litterature russe (Eugene Oneguine, La Dame de pique) — la l’opera italien aime les sujets shakespeariens, espagnols, antiques. (2) La langue : le russe a une prosodie et un accent tonique qui imposent un recitatif different du recitativo secco italien — d’ou la recherche de Dargomyjski et Moussorgski sur le “chanter parle”. (3) L’orchestre : depuis Glinka, l’orchestre russe occupe une place dramatique majeure, avec des couleurs et des effets que l’opera italien ne developpe vraiment qu’avec Verdi tardif et Puccini.

Quels sont les meilleurs orchestres russes pour ecouter ce repertoire ?

Quatre phalanges historiques dominent : l’Orchestre du Theatre Mariinski (Saint-Petersbourg, dirige par Valery Gergiev), l’Orchestre du Theatre Bolchoi (Moscou), l’Orchestre Philharmonique de Saint-Petersbourg (heritier de l’orchestre de Mravinski) et l’Orchestre Philharmonique de Russie (Moscou). Pour le repertoire moderne, l’Orchestre de Chambre de Moscou et l’ensemble Studio for New Music sont des references vivantes.